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  • Le 14 mai 2020
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Au cours des dernières décennies, le passé primitif de Mars s'est peu à peu dévoilé. Plusieurs indices morphologiques, géologiques et sédimentaires ont été identifiés et collectés, indiquant que la surface de la planète était autrefois traversée par des volumes importants d'eau liquide courante (rivières). Une étude, publiée mercredi 6 dans Nature Communications et à laquelle participe une chercheuse du Laboratoire de Planétologie et Géodynamique (LPG Nantes), ajoute une nouvelle pièce à ce puzzle extraterrestre. Les résultats repoussent l'époque connue des rivières martiennes et fournissent un nouvel aperçu de la quantité d'eau qui occupait ces anciens paysages.

MarsL'étude - intitulée "Sustained fluvial deposition recorded in Mars' Noachian stratigraphic record" - a été menée par une équipe internationale de recherche composée de scientifiques du Royaume-Uni, des Pays-Bas, et de France, dont Véronique Ansan, maître de conférences à l’Université de Nantes (LPG Nantes). Ils ont examiné des données satellitaires HiRISE* à haute résolution (25 cm/pixel) pour étudier les caractéristiques stratigraphiques des roches sédimentaires récemment découvertes, la région nord-ouest du bassin Hellas (Izola mensa).

Pour la première fois, les données orbitales ont permis d'examiner, grâce à une analyse architecturale détaillée à haute résolution, un grand affleurement du Noachian, âgé de plus de 3,7 milliards, couvrant une surface longue de 1500 m sur 200 m de hauteur, et de tirer des interprétations paléo-environnementales fiables basées sur des preuves sédimentaires et stratigraphiques.
 

Un dépôt sédimentaire qui pose question

L'étude démontre qu'un dépôt fluviatile, épais de plus de 200m, s'est mis en place dans un contexte hydrologique nécessitant des quantités d'eau liquide importantes, pérennes et régulière dans le temps, il y a environ 3,7 milliards d'années à la surface de Mars. De tels cours d'eau à débit constant nécessiteraient un environnement capable de maintenir de grands volumes d'eau pendant de longues périodes, et dont le cycle hydrologique serait certainement contrôlé par les précipitations.

Ce dépôt sédimentaire témoignerait d'une relative stabilité des conditions hydrologiques sur plus de 100 000 ans, ajoutant un élément supplémentaire aux scénarii climatiques du Mars primitif en faveur de la présence prolongée d'eau liquide à la surface martienne. Ce type d'enregistrement sédimentaire fluviatile très ancien est aussi un site potentiel préservant les traces d'une vie primitive.

*HiRISE (High Resolution Imaging Science Experiment) : caméra à haute résolution spatiale de 25 cm.pixel-1 à bord de l'orbiteur américain Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) mis en orbite autour de Mars depuis 2006


Crédit : NASA/JPL/UoA et M.Balme, Open University