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  • Le 14 décembre 2021 de 13:00 à 14:00
    Campus Lombarderie
    Amphi Pasteur (bât.2) // Réservé aux personnels et étudiants de l'Université de Nantes.
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Dans le cadre de l'appel à projet "Missions Invités" de l'université, Abdou Karim Tandjigora, enseignant-chercheur à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, est actuellement présent au Centre François Viète. Il donnera, à cette occasion, une conférence le mardi 14 décembre à 13h en Amphi Pasteur (bât.2).

Travail servile, travail forcé, travail libre : le cas de l’Afrique de l’Ouest, XIXe-XXe siècles - Abdou Karim Tandjigora

La décision politique de mettre définitivement fin à l’esclavage, par le décret du Gouvernement provisoire français en date du 27 avril 1848, ne fait pas disparaître le travail servile en Afrique de l’Ouest. Sa survivance (jusqu’au début du XXe siècle) liée de la complaisance de l’autorité coloniale et à l’ancrage pluriséculaire de sa pratique a servi, par exemple, de base de lancement de la seconde colonisation en Afrique occidentale française (AOF). Toutefois, le développement de l’économie coloniale et l’accroissement des besoins en main-d’œuvre des secteurs public et privé opèrent un glissement vers le « travail forcé ». Celui-ci, à la différence du premier, s’étendra à toute la population, et portera les résidus des rapports de production des siècles derniers. Le travail libre, troisième forme d’emploi de la main d’œuvre, apparu timidement au tournant du XXe siècle, s’est développé lui aussi en introduisant progressivement des changements substantiels au sein des sociétés africaines. Le salariat qui le caractérise favorise l’intégration des colonisés au sein d’un système plus global avec le soutien du Bureau international du travail. En somme, le travail qui devait être libre de facto à la suite de l’esclavage est passé par plusieurs étapes avant de le devenir effectivement.